Le safran du Larzac
MidiLibre, Édition du dimanche 8 novembre 2009

Lodeve. Insolite
De l’or rouge cultivé à la Safranière du Larzac
Devinette : Quel est le produit comestible qui coûte plus cher au kilo que le caviar ou la truffe ? Ce produit, le safran, nous l’avons trouvé sur le Larzac, dans un petit terrain de quelques centaines de m 2 seulement, exploité depuis près de deux ans par deux jeunes gens passionnés : Sylvaine Couderq et Guillaume Périer.
C’est après avoir vu un documentaire sur la culture du safran au Maroc à la télévision, que Sylvaine et Guillaume ont décidé de voir si la culture de cette plante, que l’on imagine plutôt orientale, était possible sur le plateau du Larzac. Certes, en France, on en trouve deux zones de production, dans le Gâtinais et le Quercy. Mais nous sommes loin des productions du Cachemire, de l’Iran ou même de l’Espagne qui se chiffrent en tonnes chaque année.
« En 2005, confieGuillaume tout en cueillant délicatement quelques fleurs violettes, à peine écloses, en ce début de matinée d’automne, nous avons fait nos premiers essais au Caylar. Essais concluants puisque trois mois plus tard apparaissaient les premières fleurs ».
Plante herbacée de la famille des iridacées, le safran, dont le bulbe peut être planté à 20 cm de profondeur en juillet ou en août, ne se récolte qu’aux mois d’octobre et novembre. Encore faut-il savoir que la première année, chaque bulbe ne donnera qu’une ou deux fleurs, le pic de production n’apparaissant que la deuxième année.
A la safranière du Larzac, à Sorbs, c’est donc en ce moment la fin de la récolte des petites fleurs violettes qui s’ouvrent dans la journée, découvrant trois étamines à anthères en flèche d’un jaune pâle et un long style terminé par trois longs stigmates rouges qui se déjettent hors des divisions de la fleur. « Délaissant les fleurs, malgré la beauté de leurs pétales, ce sont uniquement ces stigmates de la fleur qui nous intéressent, précise Sylvaine. En période de récolte, sitôt nos paniers remplis, nous les ramenons à la maison, les fleurs étant émondées manuellement par toutes les bonnes volontés présentes et les précieux stigmates sont immédiatement séchés. Mais ce n’est qu’après un mois de repos que nous pouvons les conditionner dans des petits pots de verre de 0,5 gr à 2 grammes pour la vente ». Ce qui fait la rareté, et surtout la cherté de ce produit, c’est qu’il nécessite une main-d’oeuvre importante. Il faut en effet environ 180 fleurs pour faire un gramme de safran. Ce qui amène le prix à 30 000 € le kilo, soit 30 € le gramme.
L’an passé, Sylvaine et Guillaume n’avaient récolté que 180 gr. de safran. Ils espèrent faire nettement mieux cette année, pour ce produit que l’on peut trouver à la boutique A travers Champs, 8 avenue Denfert à Lodève. .

